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Michel Majerus, "Running in Cycles", 200. Sérigraphie couleur sur PVC. 500 x 750 cm. Collection Mudam Luxembourg, Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean. Acquisition 2002 © Photo : Jens Ziehe, Berlin © Michel Majerus Estate, 2022
Michel Majerus

SINNMASCHINE

Au cours de ce qui fut une carrière brève mais exceptionnellement prolifique, Michel Majerus (1967, Esch-sur-Alzette - 2002, Niederanven) a su se faire le reflet de son époque, marquée par la globalisation du consumérisme et l’essor des technologies numériques. Ses grandes peintures et installations, qui opèrent par « sampling » et collage d’un vaste répertoire d’images et de textes empruntés à l’histoire de l’art, aux jeux vidéo, à la publicité et à la musique électronique, résonnent avec la frénésie des images et informations qui envahissent la société contemporaine à l’heure d’internet. Dans son travail, Michel Majerus a transgressé les règles établies de la peinture pour livrer des interprétations, uniques en leur genre, de la culture pop des années 1990 et du début des années 2000, et qui demeurent d’une pertinence sans faille.

Les peintures-installations de Michel Majerus explorent souvent le rôle croissant du numérique, encourageant les visiteurs à les parcourir pour s’immerger dans les cultures visuelles émergentes. L’œuvre SINNMASCHINE [Machine à sens] (1997), présentée dans l’exposition qui prend place dans le Grand Hall du Mudam, ne déroge pas à la règle. Le sol industriel métallique de cette installation, dont le titre renvoie à l’album The Man-Machine (1978) du groupe de musique électronique allemand Kraftwerk, rappelle un dancefloor sur lequel résonnent les pas des visiteurs. Mêlant non sans humour les langages du divertissement, de la publicité et des journaux télévisés, ainsi que des références à l’histoire de l’art et au propre travail de l’artiste, l’œuvre illustre l’homogénéisation des goûts dans l’économie capitaliste mondialisée. Michel Majerus s’est approprié l’iconographie d’Internet alors que l’âge de l’information n’en était qu’à ses balbutiements.

L’exposition au Mudam comprend plusieurs peintures qui viennent accompagner SINNMASCHINE. Plutôt que d’adopter une approche rétrospective, elle met particulièrement en relief ses méthodes de travail au moyen d’archives encore jamais exposées en dehors du Michel Majerus Estate. Ses carnets, sa collection de livres et de magazines, ainsi que ses enregistrements sur cassettes VHS offrent un aperçu fascinant de la manière dont Michel Majerus interprétait le monde dans lequel il vivait – faisant de ces documents sa propre « machine à sens ». Observateur avisé de son époque – celle de l’émergence d’un nouveau langage visuel global et numérique – il consignait ses pensées et impressions dans des carnets débordants de dessins et de notes. Sa bibliothèque et les enregistrements VHS présentés dans l’exposition nous font entrer de plein pied dans l’univers de l’artiste en dévoilant les multiples centres d’intérêt et inspirati ns qui ont alimenté certaines de ses œuvres les plus emblématiques, telles que SINNMASCHINE.

Biographie
Michel Majerus (1967, Esch-sur-Alzette - 2002, Niederanven) a étudié à l’Académie nationale des beaux-arts de Stuttgart avant de s’installer à Berlin où, hormis un séjour d’un an à Los Angeles, il a vécu et travaillé jusqu’à sa mort prématurée, en 2002. Son travail sera présenté dans dans des expositions rétrospectives à KW Institute for Contemporary Art, Berlin, au Kunstverein de Hambourg, et au Neuer Berliner Kunstverein, parmi treize autres musées incluant des œuvres de Majerus issues de leurs collections, dans le cadre de Michel Majerus 2022, une série d’expositions à travers l’Allemagne. Il a auparavant notamment été présenté dans des expositions individuelles au Kunstmuseum Stuttgart (2011), au Mudam, Luxembourg (2006), au Stedelijk Museum, Amsterdam (2005), à la Kunsthaus Graz (2005), au Deichtorhallen Hamburg (2005), à la Tate Liverpool (2004), à la Hamburger Bahnhof, Berlin (2003), et à la Kunsthalle Basel (1996).

Crédits

Lieu:
Mudam Grand Hall
Commissaire:
  • Bettina Steinbrügge, assistée par Clémentine Proby

L’exposition est l’ultime chapitre d’une programmation consacrée à l’œuvre de Michel Majerus. Celle-ci débutera en novembre 2022 avec le symposium what looks good today may not look good tomorrow: The Legacy of Michel Majerus, dont les interventions seront réunies dans une publication éditée par Sternberg Press et disponible à l’ouverture de l’exposition.