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Illogical Thoughts

Diagonales : son, vibration et musique dans la collection du Centre national des arts plastiques

Présentée dans le cadre de la manifestation Diagonales : son, vibration et musique dans la collection du Centre national des arts plastiques, une manifestation initiée par le CNAP en France en partenariat avec vingt lieux d'art en France, en Belgique et au Luxembourg, l’exposition Illogical thoughts... s’articule autour d’installations sonores commandées pour l’occasion à trois artistes qui s’intéressent à la parole et aux cheminements de pensée illogiques que celle-ci peut générer.

Présentée dans le cadre de Diagonales, initiée par le Centre national des arts plastiques en collaboration avec une vingtaine de lieux en France, en Belgique et au Luxembourg, l’exposition Illogical thoughts... s’articule autour d’œuvres sonores commandées spécifiquement par le CNAP, en collaboration avec le Mudam, à trois artistes qui, dans des domaines différents - la performance, les arts visuels et la composition musicale -, s’intéressent à la parole et aux cheminements de pensées illogiques que celle-ci peut générer.

© Photo : Andrés Lejona
© Photo : Andrés Lejona

Qu’elles prennent la forme de pièces sonores ou d’installations combinant image et son, les œuvres de Marcelline Delbecqdonnent à la question de la narration une place centrale. L’artiste développe des dispositifs associant des images à des récits diffusés dans l’espace d’exposition, se déployant sur le mode du cheminement de pensée. Pour l'exposition Illogical Thoughts..., Marcelline Delbecq propose un fragment d'une œuvre en cours, intitulée West, pour laquelle douze photographies prises à travers l'Amérique servent de points de départ à des récits retraçant les investigations d’un écrivain parti aux États-Unis pour faire des recherches sur l’auteur américain Nathanael West. Les trois récits que regroupe son installation Trilogy (West IV, V, VI) (2010) suivent ainsi le personnage dans ses déambulations, dans ses rêves, dans ses pensées : « Face à trois images dans lesquels plonger son regard, décrit Marcelline Delbecq, le spectateur est invité à faire l'expérience de miniatures littéraires contées à haute voix, légendes et chimères d’une Amérique entre réalité et fiction. En écho aux images, certes, mais aussi et surtout en écho à l'imagination de l'écoutant(e) ». Associés à des fragments musicaux et sonores réalisés en collaboration avec Bureau de Son, regroupant le bruiteur Nicolas Becker et le musicien Benoit Delbecq, les trois récits combinent deux registres de voix, celle d’une narratrice, et celle d’un homme qui, venant ponctuer la première voix, semble correspondre à ce personnage en quête d’éléments pour écrire son propre récit.

Antoine Defoort travaille habituellement dans le champ de la performance qu’il considère comme une « boîte » lui permettant de confronter les formes artistiques (vidéo, musique, installation, dispositifs interactifs, écriture...) et les sensibilités. Son univers ubuesque combine technologies artisanales, références aux champs de la musique, de la science, du cinéma, et détournements d’objets, de codes ou d’expressions. Des combinaisons qui donnent parfois vie à des narrations sinueuses, des accidents « accueillis à bras ouverts », qu’Antoine Defoort met en scène, porté par une harmonie qui confronte logique cartésienne et poésie pataphysique. La parole, la musique, l’écriture sont autant de modes d’expression déterminants dans son travail. Il les met au service de ses jeux de connexions en effectuant des rapprochements et des transpositions qui, s’ils paraissent incongrus, ne sont pourtant pas dénués d’une certaine logique : « On pourrait dire que je fais des collections de connexions, c’est-à-dire, si vous voulez, des ‘collexions’. » L'installation EYESCLOSEDEYESOPENEYESCLOSEDEYESOPENEYESCLOSEDEYESOPEN (2010) qu’il a créée pour l’exposition Illogical Thoughts..., associe ainsi, sur le mode de la logorrhée, différents niveaux de signification - éléments discursifs visuels et sonores, interventions graphiques murales... - que le spectateur est invité à expérimenter à travers le prisme d'un dispositif vidéo fabriqué à partir de lunettes vidéos et d'une webcam. En superposant des informations textuelles aux images filmées en direct, celui-ci propose au spectateur une « réalité augmentée, façon 1.0.1, qui fait se frotter le réel et sa représentation... EYES CLOSED et EYES OPEN ».

En parallèle à l'exposition Illogical thoughts..., trois œuvres vidéos de la Collection Mudam et de la collection du CNAP sont présentées dans l’auditorium du musée. Ces vidéos mettent en scène une certaine confusion entre musique et bruit. Percussions graphiques (2006), de l’artiste algérien Yazid Oulab (*1958) montre la main de l’artiste en train de progressivement recouvrir une feuille de papier de traits noirs, à l’aide d’un crayon de charpentier, sur un rythme saccadé. Une mélopée soufie habituellement chantée lors de veillées, « Leï-la », accompagne le mouvement méditatif. La Courtisane (2003) du Suisse Denis Savary (*1981) joue sur l’incongruité de l’image et le télescopage des sons, en mettant en scène un joueur de vielle à roue, installé sur une piste de cross sur laquelle tournent des motards. La Marche Turque (2006) de l’artiste libanais Ziad Antar (*1978) montre deux mains jouant la célèbre marche de Mozart sur un piano sans cordes, la réduisant ainsi au seul rythme d’une marche militaire.

© D.R/CNAP/photo: Pierre Leguillon

Crédits

Commissaires:
  • Sébastien Faucon (CNAP)
    Christophe Gallois

Artistes

Antoine Defoort, Marcelline Delbecq, Pierre-Yves Macé