| Expositions |
A Model
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Defense of Necessity
Andrea Bowers
2003
Acier, tissu, fils
Diabloblockade, Diablo Nuclear Power Plant, Abalone Alliance, 1981
Andrea Bowers
2003
Crayon sur papier
Feminist Spirituality and Magical Politics Scrapbook
Andrea Bowers
2003
Tissu, fil, album, photocopie sur papier brun-gris
Radical Feminist Pirate Ship Tree Sitting Platform
Andrea Bowers
2013
Bois recyclé, corde, mousquetons
Women’s Pentagon Action, 1981, detail of woven web around Pentagon
Andrea Bowers
2003
Crayon sur papier |
Andrea Bowers
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| Œuvres |
Le travail d’Andrea Bowers (1965, Wilmington, États-Unis) est étroitement lié à son engagement militant. Ses œuvres trouvent souvent leur origine dans la vaste archive qu’elle établit sur la société américaine ainsi que dans ses relations nouées dans les milieux activistes. Lois sur les armes, actes racistes, mouvements ouvriers, droit des immigrés, réchauffement climatique, luttes écoféministes constituent son terrain de recherche, qu’elle combine à un intérêt pour la désobéissance civile et l’action pacifiste. Defense of Necessity (2003) se réfère à la « Women’s Pentagon Action » qui réunit, en 1980, à Washington, quelques 2 000 femmes ainsi qu’au « Greenham Common Women's Peace Encampment » constitué à partir de 1981 près de la base aérienne du même nom dans le sud de l’Angleterre. Le recours au tissage, lors de ces manifestations contre les armes nucléaires, devient un mode opératoire. La matière textile de l’œuvre et les motifs brodés s’en font l’écho, véritables métaphores de la combativité des femmes face au pouvoir. L’œuvre opère comme une barrière dans l’espace d’exposition. Elle est accompagnée d’un livre et de deux dessins photo- réalistes reproduisant des images d’époque. Le titre fait quant à lui référence au terme juridique « necessity defense » utilisé pour justifier le recours à des actions illégales dans certaines circonstances, afin d’empêcher des conséquences plus graves encore. Il reflète la profonde conviction de l’artiste qu’il est essentiel de se battre pour les causes justes. Il souligne aussi les contradictions inhérentes à la résistance civile, lorsque la frontière entre position pacifique et action offensive se révèle ténue. Ainsi, le petit dessin Mug Shot (2013) est un autoportrait reproduisant fidèlement la photographie de l’artiste prise lors de son arrestation, en Californie, à la suite d’une action visant à sauver des chênes menacés d’abattage.
L’œuvre Radical Feminist Pirate Ship Tree Sitting Platform (2013) se veut un appel à la résistance et à l’activisme. En 2011, l’artiste a été arrêtée en Californie pour avoir participé à un tree sitting, un acte de désobéissance civile à visée écologiste qui consiste à « occuper » un arbre, généralement sur une petite plateforme construite à cet effet, pour empêcher qu’il soit coupé. Au cours de cette action, qui visait à empêcher le déboisement d’une population de chênes indigènes, elle rencontra un activiste vétéran qui avait passé les six dernières années de sa vie dans des séquoias anciens en Californie. Elle lui demanda à quoi ressemblerait la plateforme de ses rêves et raconte qu’elle fut « submergée par toute sa frustration, ses incertitudes et les inégalités inhérentes à la vie dans une culture patriarcale quand il prononça ces deux mots : bateau pirate. […] D’une certaine manière, c’était une évidence, mais je n’y aurais jamais pensé moi-même. » Réalisée avec son compagnon activiste d’un jour, l’œuvre d’Andrea Bowers se dresse fièrement dans l’espace comme un symbole de solidarité. Sur la voile du bateau figure en lettres blanches un extrait de l’essai « Sin Big » (1996) de Mary Daly (1928, Schenectady, New York – 2010, Gardner, Massachusetts), figure pionnière et controversée du féminisme : « Depuis l’enfance, je me suis entraînée à vivre la vie d’une pirate féministe radicale et à cultiver le courage de pécher. » Pour Andrea Bowers, cet essai sonna comme un cri de guerre. Elle fut notamment interpellée par les explications de l’auteure sur l’origine du mot « péché », dérivé de la racine indoeuropéenne « es- », qui signifie « être » : « Lorsque j’ai découvert cette étymologie, j’ai intuitivement compris que pour une femme prisonnière du patriarcat, qui est la religion de la planète entière, “être”, dans le sens le plus complet du terme, c’est “pécher”. »